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Casa Webo, un lieu décolonial

  • Foto del escritor: Subterráneos
    Subterráneos
  • 5 sept
  • 12 Min. de lectura

Actualizado: 8 sept

Ildefonso López / Subterráneos


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Puerto Escondido, Oaxaca. 13 juillet 2022. Casa Webo est un laboratoire d'intervention sociale et d'imagination morale qui a commencé à prendre forme en 2020.


Casa Webo est située au nord-est de Puerto Escondido, dans la communauté de Santiago Cuixtla, qui appartient à la municipalité de Santos Reyes Nopala. Ce village d'origine chatina est situé dans la Sierra Madre del Sur, dans la région de la côte de l'Océan Pacifique, non loin de la Lagune de Manialtepec.


Son fondateur, Eduardo Loaeza Vásquez a étudié la phytotechnie à Chapingo, et suivi d'autres formations liées aux plantes. Après avoir séjourné à l'étranger, il est revenu dans sa région dorigine pour se consacrer à la recherche sur l'utilisation de plantes médicinales et comestibles, et ce pour œuvrer à la prévention et au traitement de maladies dans une perspective décoloniale, où la santé collective est plus liée à la vie qu'à une vision économique.


Il utilise plusieurs stratégies telles que des ateliers avec des femmes, le travail avec des radios communautaires, des écoles de tous niveaux. Il œuvre également à la documentation des connaissances des guérisseuses et des savoirs communautaires.


Il collabore actuellement sur le net avec des radios communautaires de Basse-Californie, de Veracruz et de la région chatina de la côte de Oaxaca à Panixtlahuaca, et en présentiel à Lachao Nuevo.


Il travaille aussi auprès de populations vulnérables, rurales, pauvres, indigènes et noires depuis une petite entreprise de plantes médicinales.


Malgré son jeune âge – 29 ans –, son visage dégage une certaine solennité, il rit peu mais ses paroles sont pleines d'ironie face aux adversités de la vie. Voici les propos que nous avons recueillis lors de notre entretien.

 

Subterráneos : Comment naît Casa Webo ?

Eduardo Loaeza : Il s'agit d'un positionnement humoristique qui aspire à prendre le contrepied de nombreuses institutions, d'aide humanitaire par exemple, qui ne sont en réalité que des façades et  pratiquent ce que l'on a appelé « l'esthétique de la simulation ». Le nom « Casa Webo » offre de nombreuses possibilités si on veut plaisanter à propos de la nourriture par exemple : lorsque je sers des œufs aux résidents, je peux leur dire qu'il s'agit de la spécialité de la maison.

 

Subterráneos : Les œufs font-ils partie intégrante de l'alimentation ?

Eduardo Loaeza : L'un des axes abordés dans mon programme d'éducation nutritionnelle est la promotion de l'œuf comme source de protéines pour prévenir des maladies telles que l'anémie.


Subterráneos : Le nom de Casa Webo se prête bien à la plaisanterie, pour revendiquer cet aliment.

Eduardo Loaeza : Je réalise un travail communautaire de manière formelle depuis 2015, à travers mon programme d'éducation nutritionnelle. Avec Casa Webo, je souhaite commencer à visibiliser ce qui a été fait jusqu'à présent. Je souhaite également que d'autres personnes s'impliquent et m'impliquer dans ce que font les autres.

 

Subterráneos : Le nom t'est venu à cette époque ?

Eduardo Loaeza : Il vient d'une amie qui a séjourné à Casa Webo. Elle est linguiste. De nombreuses personnes qui ont séjourné à la maison ont beaucoup d'imagination et d'expérience dans le militantisme.

 

Subterráneos: Fondements de Casa Webo.

Eduardo Loaeza: C'est quelque chose de sérieux, qui part du ludique, d'un positionnement qu'on a appelé « optimisme stratégique ». Pour moi, il est clair que si l'on intervient dans les malheurs du monde sans ce positionnement, on finit par mourir vivant.


Subterráneos: Quelle est ta formation ?

Eduardo Loaeza: C'est une formation extrêmement technique. J'ai étudié la phytotechnie à l'Université Autonome de Chapingo. J'ai travaillé dans un laboratoire de phytochimie pendant de nombreuses années, tout en étudiant la physiologie des plantes et l'herboristerie en parallèle à ma formation officielle. Il s'agit donc d'un travail très précis, qui me passionne. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé les plantes, et j'ai aussi toujours voulu avoir une formation beaucoup plus large, c'est pourquoi j'ai effectué de nombreux séjours au Mexique et à l'étranger.


Subterráneos: Où as-tu réalisé ces séjours ?

Eduardo Loaeza: Aux États-Unis, en Italie, en France et au Cameroun, toujours dans l'idée d'avoir une formation technique particulièrement solide. C'est dans cette même optique que je suis revenu dans la région de la côte. Mais le projet, très ambitieux, ne se limite pas à cette région. J'ai pu toucher plusieurs États grâce aux radios communautaires. L'objetif est très ambitieux, je veux atteindre de nombreux endroits.

 

Subterráneos : Qu'as-tu appris lors de tes séjours auprès de  personnes issues d'autres disciplines ?

Eduardo Loaeza : Le fait de travailler avec des anthropologues et des philosophes m'a permis de développer des outils très solides pour travailler avec les populations rurales.


Subterráneos : Comment mets-tu ces outils en pratique ?

Eduardo Loaeza : J'ai développé une relation très profonde avec des guérisseuses surtout. L'une d'entre elles est décédée il y a un an. Je l'ai suivie pendant huit ans, elle m'a symboliquement adopté comme son fils. J'ai également suivi deux autres guérisseuses.

 

Subterráneos : Quelles sont les connaissances que cette synergie t'a apportées ?

Eduardo Loaeza : Une grande partie de ma pratique professionnelle vient de ce que j'ai appris de ces personnes. Il y a une sorte d'imbrication entre les aspects techniques issus de ce que l'on appelle les connaissances scientifiques occidentales et une autre partie très ancrée des savoirs des communautés ; nous avons de bons résultats car le programme est très solide.


Subterráneos : Les communautés ont une connaissance très approfondie de l'utilisation des plantes médicinales. Ont-elles accepté tes connaissances ?

Eduardo Loaeza : D'un côté il me semble essentiel de reconnaître que les gens qui ont besoin des plantes pour se soigner sont les personnes qui vivent dans les zones rurales, en particulier les personnes pauvres. Pourquoi est-ce que je dis ça ? Parce que les personnes issues de communautés et ayant suivi une formation universitaire ont beaucoup de mal à voir le potentiel médicinal des plantes pour traiter quelque maladie que ce soit. Elles sont pleines de préjugés et les associent à la sorcellerie, à des trucs de pauvres qui ne marchent pas. Elles se positionnent ainsi en faveur des médicaments comme seul remède thérapeutique. Mais j'ai vu tout un éventail de clients, y compris des gens qui ne me croyaient pas, jusqu'à ce que la nécessité les pousse à utiliser les ressources médicinales que je promeus.

 

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Subterráneos : Existe-t-il un lien entre la nutrition et les plantes ?

Eduardo Loaeza : Je propose un accompagnement en nutrition humaine lié aux plantes médicinales qui servent à remplacer ou à  accompagner des médicaments. Cette partie est technique. À cet égard j'oserais dire que le Mexique ne dispose pas d'un cadre théorique ou d'une institution qui fasse le lien entre ces deux éléments : les médecins n'étudient pas les plantes, et les agronomes n'ont pas, en général, de formation clinique.

 

Subterráneos : L'industrie pharmaceutique exploite les médicaments à base de plantes depuis longtemps. Qu'en penses-tu ?

Eduardo Loaeza : Je vais te donner quelques exemples simples. L'aspirine est fabriquée à partir du saule, que l'on trouve ici au bord des rivières ; il y a aussi les feuilles du goyavier, qui entrent dans la composition du médicament QG5 utilisé pour la colite ; on trouve également des sirops à base de lierre pour la toux. Cela montre comment les plantes médicinales ont été standardisées pour la fabrication de médicaments.

 

Subterráneos : Comment as-tu commencé à utiliser les extraits de plantes et quels sont ceux que tu utilises le plus souvent ?

Eduardo Loaeza : depuis des années, grâce à la recherche et à la systématisation des connaissances formelles, je développe des associations, avec une amie médecin, avec leurs protocoles respectifs.

Les mélanges pour les problèmes les plus courants que j'ai observés concernent précisément le diabète. Pour diminuer le taux de glucose, on utilise un mélange d'ail, d'oignon et d'estafiate. Ce même mélange est utilisé pour traiter le cholestérol et les triglycérides élevés.


Un autre problème très courant est celui des troubles digestifs : constipation, colite et gastrite. Pour cela j'utilise des plantes telles que la feuille de séné, la cannelle, l'anis, la citronnelle, le gingembre et le thym.


Subterráneos : Comment rendre les connaissances accessibles ?

Eduardo Loaeza : Je forme des gens, sans aucun coût financier pour les zones rurales et marginalisées.


Subterráneos : Mais pourquoi as-tu décidé de travailler avec les pauvres, les populations indigènes et noires dans les régions rurales ?

Eduardo Loaeza : La réponse est liée à mon histoire personnelle ; je suis né dans une zone rurale, j'ai grandi dans une pauvreté extrême et j'ai des ancêtres chatinos. J'ai grandi en observant le monde depuis ces identités.

 

Subterráneos : Un monde au visage de Janus.

Eduardo Loaeza : j'ai grandi dans une pauvreté extrême puis j'ai fréquenté des institutions élitistes. Le contraste entre ces deux mondes dans lesquels j'ai évolué a toujours été évident. Aussi, une façon de guérir mes traumatismes, comme celui d'avoir grandi dans une pauvreté extrême et d'avoir compris de force mon appartenance ethnique et ma racialisation, a été d'intervenir directement dans les zones rurales, auprès des pauvres, qui, si l'on considère les chiffres, constituent la majorité. Mais je ne me ferme pas à travailler avec des personnes d'autres identités, car nous sommes tous vulnérables.


Subterráneos : Les radios communautaires

Eduardo Loaeza : Ces dernières années, la radio communautaire est l'une des choses qui a bien marché pour moi. En l'occurrence Radio Huayacocotla, à Veracruz, l'une des plus importantes du pays qui couvre une dizaine d'États et certaines zones de México. J'y ai effectué des interventions au cours des trois dernières années, avec un suivi très ponctuel.

 

Subterráneos : T'es-tu proposé de changer le monde ?

Eduardo Loaeza : Que les choses soient claires : je ne suis pas un sauveur. Je me suis débarrassé de ce syndrome dont souffrent de nombreux militants. Je n'ai pas l'ambition d'être celui qui sauvera le monde ou le pays. La seule chose dont je suis sûr, c'est que je veux faire beaucoup de choses. Je les fais déjà, mais je sais qu'au final, je ne peux pas les faire seul. Ce que je sais c'est que je veux toucher le plus de monde possible.

 

Subterráneos : Parle-nous de ton positionnement politique, éthique et esthétique.

Eduardo Loaeza : Il s'agit davantage d'une façon de se positionner face à la vie. C'est un positionnement politique, éthique et esthétique. Politique parce que je fais des choses très pratiques, en organisant à différents niveaux ; éthique parce qu'en fin de compte, on a le choix de faire ou de ne pas faire, et moi j'ai choisi de faire ; l'esthétique est liée à la façon dont j'ai grandi. Je suis né dans une famille particulière où mes parents, qui étaient pauvres, réalisaient un travail communautaire. Pour moi, il a toujours été évident que c'était ce qu'il fallait faire. Maintenant que j'ai davantage de possibilités intellectuelles et financières à certains moments, il s'agit simplement de tirer parti des ressources dont je dispose pour continuer à faire ce que j'ai vu toute ma vie.

 

Subterráneos : Parmi la grande diversité de plantes, certaines soignent les maux physiques et d'autres soignent l'âme. Parle-moi des plantes magiques ou sacrées.

Eduardo Loaeza : À Casa Webo plusieurs axes d'intervention sont en cours de développement : le genre, la « race » et l'ethnicité, les soins aux animaux et l'environnement, pour ne citer que ceux-là. L'un des axes concerne les plantes hallucinogènes utilisées dans le traitement de maladies telles que la dépression et les traumatismes, qui peuvent être traités à l'aide de champignons. Depuis deux ans, je documente et consigne ces pratiques. Je réalise également une recherche bibliographique sur ce sujet tout en recueillant les témoignages de personnes issues de zones rurales qui ont une expérience en la matière, c'est-à-dire des personnes qui utilisent les plantes hallucinogènes, en particulier les champignons, mais aussi une graine appelée « la Santa », utilisée dans tout le Mexique et également connue sous le nom de « manto de la virgen » ou ololiuqui. Il s'agit de graines hallucinogènes qui sont encore utilisées dans la région chatina. Il est important de le mentionner car si vous avez des questions à ce sujet, je me ferai un plaisir de vous renseigner ou de vous orienter.


Subterráneos : La colonialité des savoirs ancestraux.

Eduardo Loaeza : Il existe un document intitulé Voyage aux confins de l'esprit, écrit par Michael Pollan, un professeur d'Harvard qui a attiré mon attention lors d'une interview. Il se positionne et est considéré comme la figure académique la plus importante dans ce domaine. Il montre comment ces ressources thérapeutiques sont utilisées aux États-Unis dans des cliniques, des instituts de recherche ainsi que dans d'autres pays financés par les États-Unis. Il existe même un projet qui cherche à créer un médicament à base de champignons hallucinogènes pour traiter la dépression et différents types de traumatismes. Quand je l'écoute c'est comme si j'écoutais les guérisseuses de la région qui ont énormément d'expérience mais évidemment, il est important de reconnaître la colonialité : ce n'est pas la même chose que Michael Pollan de Harvard ou qu'une dame de Lachao, par ailleurs chatina, le dise.

 

Subterráneos : Expériences d'utilisation de plantes hallucinogènes à des fins médicales.

Eduardo Loaeza : Ce qui m'intéresse c'est d'intervenir directement sur la santé, sur les gens. C'est quelque chose que je vais pouvoir concrétiser à un moment donné, car j'ai beaucoup d'informations et d'expérience pratique personnelle, avec mon propre organisme. Actuellement je suis en train d'élaborer un protocole d'utilisation des champignons sur moi, à partir de toutes les informations que j'ai recueillies. Je voudrais écrire un article à ce sujet quand le moment sera venu.

 

Subterráneos : De quoi a-t-on besoin pour séjourner à Casa Webo ?

Eduardo Loaeza : Si vous me contactez, je vous répondrai toujours oui. Cela demande juste un peu d'organisation, c'est entièrement gratuit. Plus qu'un projet physique, Casa Webo est un projet de vie. Je le place dans ce que l'on a appelé les éthiques-esthétiques du soin.

 

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Subterráneos : Casa Webo et la théorie décoloniale.

Eduardo Loaeza : La théorie décoloniale parle de quatre formes d'oppressions : le patriarcat, le capitalisme, la colonialité, la modernité. En ce qui concerne le patriarcat, à Casa Webo nous allons mener un travail très clair, très visible en donnant la priorité aux femmes. Je dis cela, évidemment, en partant le sens binaire du terme, mais il s'agit de complexifier la question de genre dans le futur.           


Ensuite il y a le capitalisme, c'est pourquoi ce sera gratuit. Les résidents ne seront pas rémunérés et on ne leur demande pas d'argent. Les interventions futures, en particulier les ateliers destinés aux enfants, seront gratuites. Nous trouverons des moyens non monétaires de mener à bien le projet, qui fonctionne déjà. Pour l'instant il reste discret et cela va continuer ainsi.


            Puis il y a la colonialité ; dans mon cas, le fait de travailler avec les plantes, avec des femmes de peuples indigènes et noires rend les choses très claires. Je pars du principe que je vais être dénigré, mais en même temps il est difficile de me disqualifier car j'ai une formation élitiste. Pour moi, le fait de cheminer entre ces mondes a été quelque chose de très important, de très stratégique.


            Enfin, il y a la modernité, comprise comme le fait d'écouter ce que nous appelons la raison plutôt que ce que nous ressentons. Déconstruire et voir le monde différemment à partir de ce que nous ressentons est quelque chose de très technique que j'étudie et mets en pratique depuis longtemps. Pour moi, Casa Webo est un moyen de potentialiser les expressions sensibles d'autres activistes, d'artistes et d'artisans. Cela peut sembler fou mais c'est très pratique.


Subterráneos : Faire est la meilleure façon de dire.

Eduardo Loaeza : Il y a une expression de José Martí qui dit : Faire est la meilleure façon de dire. Je comprends qu'au final, on puisse me croire parfois, ou pas. C'est pour cela qu'existe Casa Webo, pour que nous puissions y aller, je serai presque toujours disposé à recevoir des gens.

 

Subterráneos : Ton processus de décolonisation a t-il été complexe ?

Eduardo Loaeza : Incroyablement difficile, mais ma curiosité a toujours été plus forte, en partie parce que je suis dans le spectre autistique / de neurodivergence, spécifiquement j´ai le syndrome obsessionnel compulsif. Je suis donc plus têtu et curieux que peureux. J'ai fait beaucoup des choses avec une peur énorme mais la curiosité a toujours été plus forte. Au final je n'ai pas eu le choix, c'était ma personnalité.


Subterráneos : Les Nations Unies, l'INAH et la décolonisation.

Eduardo Loaeza : J'ai effectué des séjours aux Nations Unies, tout d'abord dans le cadre d'un programme sur la pauvreté en milieu rural. Curieusement, je n'avais jamais été aussi pauvre qu'à ce moment-là, je n'avais jamais connu un tel niveau de violence structurelle que celui auquel j'ai été soumis et auquel je me suis moi-même soumis car j'aurais pu ne pas accepter. C'est la plus grande contradiction que j'ai jamais vécue, mais en même temps cela a été une leçon de vie.


J'ai aussi effectué un stage à l'INAH, dans le cadre d'un programme d'épidémiologie socioculturelle qui n'est autre que la santé publique alternative née des mouvements sociaux. L'un des axes que j'ai étudiés était celui de la décolonisation. C'est là que j'ai pu mettre des mots sur ce que je ressentais et avais vécu en tant que Chatino. J'ai pris conscience qu'il ne s'agissait pas seulement de moi mais que nous étions des milliers. Maintenant que j'ai acquis de nombreux privilèges à différents niveaux, je considère qu'il est de ma responsabilité de comprendre comment les utiliser pour faire ce que je dois. Je pense que s'il en était autrement, la vie n'aurait pas beaucoup de sens.


Subterráneos : À quel point l'acceptation a-t-elle été difficile dans ta communauté, Santiago Cuixtla ?

Eduardo Loaeza : La première fois que j'ai proposé un atelier, personne n'est venu. J'ai ensuite commencé à donner des ateliers dans d'autres villages jusqu'au jour où des enseignantes de ma communauté m'ont invité à donner un atelier. Les parents, les enseignants et certains enfants ont alors été obligés d'y assister. Ce fut un processus différent, j'ai compris que le contexte de chaque communauté était différent. J'utilise de manière stratégique un langage plus accessible lorsque je réalise mes interventions. La radio m'a permis d'acquérir plus d'expérience pour communiquer de manière très pratique. Une autre façon d'atteindre les gens est de m'habiller comme n'importe quel habitant de la région de la côte : en short, tongues et t-shirt. Nous sommes habitués à ce que quelqu'un qui a quitté le village s'habille différemment, mais pour moi, c'est une stratégie. Je n'utilise pas non plus mes titres universitaires. Les gens m'appellent par mon prénom, ce qui brise le classisme existant.


Subterráneos : Dans la région on parle la langue chatina. Comment communiques-tu ?

Eduardo Loaeza : À Panixtlahuaca j'interviens auprès d'un groupe d'étudiants à qui je donne des cours, ils font la traduction en chatino. J'ai également créé des contenus, du matériel dans d'autres langues, comme le nahuatl à Puebla, par exemple.


Subterráneos : Quels sont les projets à venir ?

Eduardo Loaeza : Il y en a deux. Le premier est de développer le programme d'éducation nutritionnelle de la Côte de Oaxaca et de continuer à renforcer Casa Webo. Cette année j'ai commencé à construire un réseau d'artistes, d'artisans et d'activistes afin qu'ils découvrent le projet, et l'année prochaine, l'espace sera largement ouvert aux enfants.

 

Subterráneos : Comment peut-on te contacter ?

Eduardo Loaeza : Je réponds toujours. Sur whatsapp au (+52) 595 101 7607 et sur facebook: Lalo Loaeza.

 


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